Les multinationales entament 2010 avec prudence
Luxembourg, le 8 février 2010 – Ernst & Young publie aujourd’hui une enquête menée auprès des cadres dirigeants de 900 grandes entreprises internationales. Au-delà de la transformation radicale de l’environnement économique au cours de l’année 2009, cette étude révèle une certaine nervosité du monde de l’entreprise vis-à-vis de la reprise.
Début 2009, dans son étude Opportunités en temps de crise, Ernst & Young interrogeait les dirigeants sur leurs priorités stratégiques pour l’année à venir:
Si près des 3/4 répondaient qu'ils allaient se concentrer sur la survie de leur entreprise, 19 % déclaraient souhaiter profiter de la récession pour explorer de nouvelles opportunités de marché. Un an après, dans le cadre de l’étude Les leçons du changement, le pourcentage des sociétés envisageant d'explorer de nouvelles opportunités de marché en 2010 s'élève à 34 %.
Un niveau de rentabilité maintenu en 2009…
Plus d’un tiers des sociétés interrogées ont déclaré avoir enregistré une croissance de 5 % de leur EBITDA (revenus avant intérêts, dépréciations et provisions) au cours des 12 derniers mois. En dépit d’un contexte toujours précaire, 7 % de l’ensemble des sociétés ont observé une hausse de plus de 20 % de leurs résultats.
Ainsi, 45 % des sociétés basées en Asie-Pacifique (dont le chiffre d’affaires se situe entre 100 et 500 millions de dollars US) déclarent une croissance de leur EBITDA supérieure à 5 %. Parmi les sociétés interrogées pour cette zone, un tiers des entreprises les plus importantes (dont le chiffre d’affaires est supérieur à 10 milliards de dollars US) a également enregistré une croissance de l’EBITDA de plus de 5 %. En Amérique Latine, en Europe de l’Ouest et en Europe de l’Est, la part des sociétés ayant enregistré une croissance de l’EBITDA de 5 % ou plus, se situe en dessous de 30%.
… Avec des disparités sectorielles
Plus de 40 % des sociétés du secteur pharmaceutique, bancaire, de l’aérospatiale et de la défense ont dépassé le seuil des 5 % de croissance des revenus. A l’inverse, les sociétés des secteurs pétroliers et gaziers, manufacturiers ou encore de l’automobile continuent d’enregistrer une croissance nulle voire une baisse de leurs revenus.
Pour Alain Kinsch, Country Managing Partner d’Ernst & Young au Luxembourg: « Comme on s’y attendait, en janvier 2009, malgré les perturbations et les défis de cette année, les sociétés qui ont trouvé des opportunités en temps de crise tirent leur épingle du jeu ».
Du chemin reste à parcourir avant de retrouver les niveaux de croissance d’avant récession Les entreprises se concentrent désormais sur la période où leurs résultats auront retrouvé leur niveau d’avant crise. Environ un tiers de leurs dirigeants prévoit un retour à la croissance de leur chiffre d’affaires dans les six prochains mois, un tiers avant début 2011 et le dernier tiers pas avant au moins deux ans. Seuls 1 % d’entre eux sont très pessimistes et pensent qu’ils ne retrouveront jamais la croissance d’avant la récession.
53% des dirigeants n’anticipent pas de reprise avant 2011
Bien que 53% des dirigeants estiment que 2010 sera difficile, on constate que la part des sociétés toujours en cours de restructuration a baissé, passant de 37 à 27 %.
Pour Alain Kinsch, « Deux éléments pourraient pourtant engendrer la confiance : d’une part l’impact sur l’économie des plans de relance entrepris par les différents gouvernements, et d’autre part, le début de rebond des principales économies émergentes. Les sociétés seront sans doute moins préoccupées par leur survie au cours des 12 prochains mois. Ceci étant, un retour vers un environnement sain n’est pas encore acquis. »
La réduction des coûts, les opportunités de développement et l’organisation au coeur des axes de réflexion 2010
Les trois quarts des dirigeants interrogés estiment pouvoir encore réaliser des économies de coûts substantielles. 72 % souhaitent accroître la flexibilité de leurs activités par la réduction des coûts fixes, notamment au sein des fonctions de support.
Parmi les réponses les plus récurrentes viennent ensuite :
- Le développement de leurs marchés (64 %) par de nouvelles implantations ou le lancement de nouveaux produits ou de nouveaux canaux
- la redynamisation du modèle économique (64 %) en insufflant un nouveau mode de pensée quant à la structure de l'organisation de l’entreprise, les compétences essentielles et les nouvelles collaborations commerciales
- l’accélération de leurs processus décisionnels et de leurs actions (63 %)
- ainsi que le renforcement de leurs compétences en management (62 %).
La moitié des entreprises interrogées estiment qu'un accès restreint aux capitaux continuera de limiter leurs perspectives de croissance en 2010. Toutefois, 30 % déclarent vouloir adopter une position agressive en lien avec la hausse de la demande sur leurs marchés.
49 % des entreprises déclarent rechercher des opportunités de croissance alors que les perspectives de reprise sur leurs marchés respectifs demeurent incertaines. Pour 51%, la priorité stratégique restera fermement axée sur la maîtrise des coûts en attendant une amélioration des conditions du marché.
Alain Kinsch, conclut : « il est certain que de nombreuses sociétés cherchent à tirer les leçons de l’évolution du marché. De nouveaux leaders commencent déjà à se distinguer par la rapidité de leur prise de décision et l’efficacité de leur intervention. Il est symbolique que seules 19 % de ces multinationales souhaitent, en 2010, privilégier dans leur stratégie la maîtrise des coûts par rapport à la croissance. L’expérience de l’année dernière explique qu’une grande partie des sociétés demeurent inquiètes quant à ce que leur réserve les mois à venir. Cependant, force est de constater que la majorité d’entre elles ont les yeux rivés sur les opportunités de développement et la croissance, ce qui doit être vu comme un signe positif pour l'économie mondiale ».
Méthodologie
Dans le cadre du programme Les Leçons du changement d’Ernst & Young, l’Economist Intelligence Unit a mené une étude auprès de 876 cadres dirigeants en novembre et décembre 2009. La moitié des cadres interrogés font partie de sociétés qui ont déclaré avoir enregistré un chiffre d'affaires de plus de 1 milliard de dollars US et 22 % ont affiché un chiffre d’affaires annuel supérieur à 10 milliards de dollars US.
(Source: Ernst & Young Luxembourg)


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