L'épargne des résidents luxembourgeois
Depuis 2006, une Retenue à la source libératoire de 10% est prélevée sur les revenus de l'épargne des personnes physiques résidentes. Les revenus passibles sont les mêmes que ceux définis par la Directive européenne sur la fiscalité de l'épargne (à l'exeption des revenus OPC).
La directive sur la fiscalité de l'épargne
Au sein de l'UE, les revenus de l'épargne des des personnes physiques non-résidentes sont soumis à la directive sur la fiscalité de l'épargne. Cette dernière s'applique aux revenus sous forme de paiement d'intérêts effectués en faveur d'individus résidant dans un Etat membre autre que celui où les intérêts sont perçus. La directive est en vigueur depuis juillet 2005.
Afin d'assurer une imposition transfrontalière des intérêts de l'épargne adéquate, la directive propose actuellement les concepts suivants:
L'Autriche, la Belgique et le Luxembourg ont opté pour l'introduction d'une Retenue à la source non-libératoire prélevée sur les revenus de produits dans le champ d'application de la directive 2003/48/CE. Le taux de la retenue a progressivement augmenté: 15% entre juillet 2005 et juillet 2008, 20% jusqu'en juillet 2011. Depuis le taux est de 35%. 75% des recettes tirées de cette retenue sont transférées à l'Etat de résidence de l'épargnant. L'Etat qui a prélevé la Retenue à la source en garde 25%. L'Etat membre de résidence fiscale accorde un crédit d'impôt ou un remboursement pour cette Retenue à la source si elle est dûment déclarée par le client dans sa déclaration d'Impôt sur le revenu.
Certificat d'exemption de la Retenue à la source: Le client non-résident peut également éviter devoir payer la Retenue à la source de 35% en remettant à sa banque un certificat d'exemption de la retenue à la source émis par les autorités fiscales de son pays de résidence.
Dans ce cas, les agents payeurs d'un Etat membre communiquent aux autorités fiscales du pays d'origine de leurs clients une liste de tous les épargnants non-résidents ayant perçus des intérêts au cours de l'année, ainsi que le montant des revenus payés à chaque client individuel. La majorité des Etats membres ont choisi cette option.
Le Luxembourg fournit aussi des informations, tel que prévu dans la directive, si le client étranger opte pour un échange d'informations volontaire avec les administrations de son pays de résidence au lieu de la Retenue à la source.
Mandat pour l'échange d'informations: les clients non-résidents peuvent ainsi éviter de payer la Retenue à la source de 35% en optant pour l'échange d'informations automatique conformément à l'article 9(1) a) de la directive. L'échange d'informations se fait en 2 étapes:
Les agents payeurs (banques) luxembourgeois doivent demander l'autorisation expresse des clients concernés avant de pouvoir procéder à l'échange d'informations. Par conséquent, un agent payeur (banque) ne peut effectuer l'échange d'information que s'il est en possession d'un mandat clair et sans conditions du client lui permettant de transmettre les informationsa aux autorités fiscales. Des modèles de mandats (en français, anglais et allemand) peuvent être téléchargés ci-après. Veuillez noter qu'il s'agit de modèles seulement et que le contenu des mandats proposés par les banques peut en différer légèrement.
Champs géographique
Afin d'éviter une fuite de capitaux excessive vers des pays se situant en dehors de l'Union européenne, la Commission européenne a aussi négocié avec des pays tiers (Suisse, Liechtenstein, Monaco, Andorre, Saint-Marin) et les territoires dépendants ou associés (Îles Vierges britanniques, Gibraltar, Guernesey, Île de Man, Jersey, Antilles néerlandaises, Îles Turques-et-Caïques, Montserrat, Îles Cayman, Anguilla, Aruba). Ces pays appliquent désormais des provisions similaires ou équivalentes à la directive.
Sur demande du Conseil Ecofin, la Commission européenne négocie aussi avec un nombre d'importants centres financiers, notamment Hong Kong et Singapour, afin d'étendre le champs géographique de la directive.
Proposition de modification
Le 13 novembre 2008, la Commission européenne a adopté une proposition de modification de la directive sur la fiscalité de l'épargne. Entre autres, elle propose d'élargir le champs d'application afin d'inclure des revenues équivalents à ceux perçues sur des investissements dans certains instruments financiers innovants, dans certains produits d'assurance-vie, dans certaines sociétés ainsi qu'à travers un OPC remplissant certaines conditions spécifiques.
Le Parlement n'a pas encore unaniment aprouvé la proposition étant donné qu'il y a toujours un manque de consensus politique.
Le ministre des Finances Luc Frieden s’est rendu hier au Conseil Ecofin à Bruxelles où les ministres des Finances ont, entre autres, discuté du mandat que la Commission européenne souhaite obtenir pour négocier avec les pays tiers dans le cadre de la directive "fiscalité de l’épargne". Il s’agit d’un dossier qui apparaît régulièrement à l’ordre du jour de l’Ecofin et pour lequel il n’a pas encore été possible de trouver une solution acceptable.
Luc Rodesch, Head of the ABBL's Private Banking Group, on changing client profiles, "Rubik", and future challenges and opportunities for the Luxembourg private banking industry.
Switzerland recently signed tax agreements with Germany and the United Kingdom. According to these deals, Switzerland would levy taxes in line with German, respectively British tax law. Although the European Commission is loath to admit it, these deals represent a game changer in the European discussions on the Savings Directive. With the UK and Germany, two major EU countries have now officially endorsed a withholding tax system.
Le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales (Forum mondial) a adopté le rapport d’évaluation par les pairs du Luxembourg. Le Luxembourg a réussi la première phase de l’examen par les pairs qui a débuté en janvier 2011. Le rapport analyse la conformité du cadre légal et réglementaire en matière de transparence et d’échange de renseignements du Luxembourg avec le standard international.
The Swiss and UK authorities have just initialed the terms of a forthcoming tax agreement that should allow Swiss bankers to levy taxes in Switzerland according to UK tax law.
Les autorités suisses et allemandes viennent de parapher les termes d’un futur accord fiscal qui doit permettre aux banquiers suisses de prélever en Suisse les impôts selon la législation fiscale allemande. Par cet accord, le plus grand pays de l’Union Européenne accepte le principe d’une retenue à la source libératoire sur les revenus de l’épargne transfrontalière. Ainsi, l’Allemagne entérine un modèle alternatif d’imposition à l’échange automatique d’informations1, ce qui change fondamentalement le débat sur la fiscalité de l’épargne dans toute l’Union européenne.
Les recettes payées à des non-résidents dans le cadre de la fiscalité des revenus de l’épargne sous forme de paiements d’intérêts (directive 2003/48/CE du 3 juin 2003) s’élève en 2010 à 98 303 895,38 euros. Ces transferts représentent 75% des recettes perçues.
Le 18 janvier 2010, une contribution écrite du ministre des Finances, Luc Frieden, a été publiée dans plusieurs journaux européens, à savoir dans Le Figaro, Financial Times Deutschland et Expansion. Sous le titre "Une nouvelle ambition pour la fiscalité en Europe", Luc Frieden se prononce sur les débats actuels en matière de fiscalité des revenus de l'épargne ainsi que sur la lutte contre la fraude fiscale.
The present article aims to provide some insight into recent developments concerning the EU Savings Directive.
Two aspects are to be considered separately:
- the scope of the proposal, i.e. the technical details, such as the products covered, and
- the political aspects, such as the issue of exchange of information vs withholding tax.
Il est à prévoir que la ratification des avenants conduira à une augmentation du nombre de demandes de renseignements provenant de l’étranger. Cette situation soulèvera certainement beaucoup de questions, tant du coté des administrations concernées que du côté des banques. En prenant des décisions, les membres de l’ABBL, en tant que personnes tierces, doivent tenir compte à la fois des intérêts de l’Etat comme de ceux de leurs clients directement concernés. Même en prenant en considération la pression du temps, mais justement « afin d'assurer que l'échange de renseignements auquel l'Etat luxembourgeois s'est engagé puisse être exécuté de façon efficace et dans un cadre légal clair », l’ABBL aurait préféré que le projet de loi soit plus précis sur un certain nombre de points de nature procédurale notamment.



